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La terrible traite clandestine. 25/11/2006

Désormais, la traite devient clandestine. Ce n'est pas une telle situation qui va humaniser le métier. En se transformant en contrebandiers, bien des capitaines sont conduits à commettre les pires horreurs.
Beaucoup n'hésitent pas à jeter à la mer leur cargaison quand arrive le bateau patrouilleur.


D'autres camouflent leurs « passagers » en les enfermant dans des tonneaux, parfois deux par deux. Certains — en mer Rouge — iront jusqu'à les coudre dans des voiles. Sous la Restauration, les négriers français continuent leur trafic. Ils ne risquent qu'une peine d'amende. Et les tribunaux des « Isles » se montrent indulgents pour ces hommes qui ont désormais tant de mal à ravitailler celles-ci en main-d'œuvre.
Cependant, la traite n'a plus du tout bonne presse. Des brochures circulent, qui alertent l'opinion publique et dénoncent les cruautés de ces voyages vers l'Amérique. L'Anglais Thomas Clarkson publie ainsi le Cri des Africains contre les Européens, pamphlet en forme de réquisitoire, où l'anecdote vient renforcer le prêche : « Sur le navire Zoug, le capitaine, prétextant le manque d'eau, a fait jeter à la mer cent trente-deux Nègres vivants. »
Sans atteindre ce chiffre record — et discuté ,— celui du Rôdeur doit avouer s'être débarrassé de trente-neuf Noirs devenus aveugles, et par conséquent impropres à la vente à la Guadeloupe. Le Français Auguste de Staël ne veut pas laisser à un philanthrope britannique l'exclusivité de la propagande antiesclavagiste et publie à son tour une Lettre ouverte, en 1825 :
« Loin d'avoir diminué, la traite se pratique toujours à Nantes. [...] Les noms des armateurs ne sont ignorés de personne. [...] C'est un prête-nom qui figure sur les rôles comme capitaine du navire. [...] On achète des matelots la promesse qu'ils mentiront sur le but de leur voyage. [,..] Les estimations les plus modérées portent à plus de quatre-vingts le nombre de bâtiments aujourd'hui employés à la traite dans le port de Nantes. Il en est peu qui excèdent 200 tonneaux; c'est là qu'on entasse les Nègres comme des veaux pour la boucherie. »
Le ministre de la Marine ordonne une enquête. Mais la machine administrative est aussi lourde que lente et les négriers ont le temps de camoufler leurs activités. Certains bateaux changent de nom et même de pavillon.
De négociant à contrebandier, le premier pas est franchi. De contrebandier à pirate, le second le sera aussi. Quelques bateaux négriers n'hésitent pas à ouvrir le feu sur les navires de surveillance, surtout s'ils sont d'une nation étrangère, longtemps ennemie. Ainsi les Français font parler la poudre quand les Anglais veulent les contrôler. En 1822, on se canarde longuement, au large de la côte de Guinée. Mais force reste à la loi et l'escadre britannique arrache mille cinq cents captifs des mains des négriers. Les Français, les Espagnols et surtout les Portugais continuent malgré tout la traite. Seulement, la clandestinité provoque de plus en plus de drames, et de plus en plus affreux. Le capitaine du Rapido jette deux cent cinquante captifs aux requins avant d'être arraisonné ; celui de la Brillante les expédie par le fond, lestés d'une chaîne d'ancre; sur le Vicna, on met le feu aux poudres avant d'évacuer le navire en canot et seule l'intervention d'un marin britannique, qui parvient à éteindre la mèche, sauve les trois cent vingt-cinq captifs.

Esclavage. 25/11/2006

Jeter les esclaves à la mer, en les vouant à une mort atroce, peut également devenir un châtiment exemplaire après quelques révoltes de la "cargaison" du navire négrier.

Esclavage. 25/11/2006

Rares sont les moments où les malheureux passagers peuvent échapper à l'entrepont et à son atmosphère étouffante. Ils montent alors par petits groupes sur le pont et certains sont débarrassés de leurs entraves; ils sont alors abreuvés et nourris. Ce "bol d'air" a lieu théoriquement, pendant quelques minutes, une ou deux fois par jour.

Historiographie du commerce négrier. 25/11/2006

L'art de prendre les Nègres pour des imbéciles.

L'historiographie des razzias négrières et de l'esclavage des Noirs dans les colonies européennes d'Amériques, des Antilles et du Pacifique est le théâtre d'une déformation des faits sans précédent.

Je vous le donne dans le mille. Vous prenez n'importe quel document (article de presse, ouvrage historique, documentaire Tv, etc...) traitant du commerce négrier et vous obtenez en subtance ceci :

"Le Commerce triangulaire était une forme de traite, liée à l'exploitation du sol américain par les pays européens.

Des navires partaient d'Europe avec divers articles de pacotille destinés au troc.

Ils se rendaient dans les comptoirs côtiers d'Afrique où ils échangeaient leur marchandise contre des captifs.

Les négriers transportaient ceux-ci dans les colonies d'Amérique pour qu'ils travaillent comme esclaves à l'exploitation des ressources du continent.

Les négriers retournaient ensuite en Europe avec à bord les produits de cette exploitation".

Pour apprécier l'énormité de l'inexactitude de ce passage, dont la vocation est de nous mener en bateau (c'est bien le cas de le dire), je vous demande en guise d'exemple, d'examiner avec attention le détail d'un compte financier d'un négrier français, afin de constater si ce qu'il a écrit en son temps, est conforme à ce que les historiens vous disent aujourd'hui.

S'il s'avère que les données historiques divergent catégoriquement de ce qui est écrit, je vous propose de jouer au jeu "Question pour un kamit", en fin d'article.

Examen du compte financier établit pour un voyage par un négrier :

Théodore Canot (1806-1860), navigateur et négrier français, nous dévoile dans ses mémoires, le détail réel des "marchandises" embarquées dans son navire au départ de l'Afrique pour l'une de ses traversées de l'Atlantique :

3 500 peaux (d'animaux) : £ 1 750
19 grandes dents d'ivoire de première qualité : £ 1 560
Or : £ 2 500
600 livres de petit ivoire : £ 320
15 tonnes de riz : £ 600
40 esclaves : £ 1 600
36 jeunes b½ufs : £ 360
Moutons, chèvres, beurre, légumes : £ 100
900 livres de cire d'abeilles : £ 95

Valeur totale des marchandises : £ 8 885

Point de vue sur le compte résultat du voyage :

Dans les documentaires TV relatif aux problèmes climatiques de la planète, les réalisateurs occidentaux ont l'habitude de nous dire que "l'homme" a dévasté la faune et la flore africaines, à tel point qu'il reste aujourd'hui, 2 éléphants qui se battent en duel, 3 girafes coincées dans une réserve et 2,5 gazelles (une étant au stade d'embryon dans le ventre de sa mère). Un peu plus et on croirait que c'est la faute aux Africains.

Mais, si on regarde de près les comptes de ce négrier français pour un seul bateau et un seul voyage, au-delà du faible nombre de captifs pour cette fois, nous sommes néanmoins en mesure de dire, sans aucune marge d'erreur, quel est exactement l'homme qui a dévasté la faune et la flore africaines pendat des siècles, sans oublier sa population, et qui ne sait comment aujourd'hui masquer son oeuvre de déstruction : C'est l'Européen !

Bilan des "courses" pour un seul voyage :

3 500 animaux tués pour récupérer leur peaux (lionnes, tigres, etc...),

De l'ivoire en pagaille provenant d'éléphants tués,

15 tonnes de riz (et oui 15 tonnes de riz et c'est la famine aujourd'hui),

Des bovins et des caprins à la pelle, eux aussi déportés,

900 livres de cire d'abeilles (c'est colossal),

Sans oublier l'or (et les pierres précieuses).

Autre donnée passée sous silence : Dans la rubrique "articles de troc", nous trouvons à bord des bateaux au départ des ports français (il convient aussi de le mentionner) :

Canons,
Poudre à canon,
Fusils,
Barres de fer,
Pierres à feu,
Tenues de soldats,
Jambettes...

Ce petit matériel très utile pour faire du "commerce", vous en conviendrez, était destiné aux multiples châteaux forts européens, implantés sur le littoral africain. Ceux-ci étaient les garants du rapport de force de l'Europe sur l'Afrique.

Conclusion :

Revenons-en à notre jeu " Question pour un kamit" :

A la question, les historiens occidentaux nous prennent-ils pour des imbéciles, vous répondez ?

Petit a : C'est vrai et je suis tombé dans le panneau

Petit b : Non, c'est faux, ils disent parfois la vérité

Petit c : Il est grand temps que je me documente sérieusement sur mon histoire

Africamaat

Confessions d'un négrier français... 25/11/2006

La notion de profit lié au commerce du bois d'ébène trouve tout son sens avec ce témoignage.

Théodore Canot(1806-1860), navigateur et négrier français, nous livre dans ses mémoires, son témoignage personnel de rentabilité de la traite négrière européenne.

Extraits...

« Au jour dit, la Fortuna leva l'ancre avec deux cents vingt êtres humains entassés dans sa cale. Trois mois après, j'étais avisé qu'elle en avait débarqué deux cent dix sept dans la baie de Matanzas et que leur vente avait donné un bénéfice net de $ 41 438 dollars sur le voyage. Le lecteur croira difficilement à un bénéfice si élevé, je reproduis donc ci-dessous les comptes des frais du voyage et ceux de la liquidation faite à Cuba au retour ».

Cette confession met en évidence la notion de profit maximum lié à l'exploitation négrière. Pour convaincre le lecteur incrédule, Théodore Canot va jusqu'à publier dans son autobiographie, le bilan comptable de sa transaction.

Rentrées ................... 81 419 00

Dépenses .................. 39 980 46

Bénéfice net ............ $ 41 438 54 dollars

Ainsi, le commerce négrier engendrait en moyenne par bateau, un bénéfice net supérieur ou égal à 50 % du chiffre d'affaires réalisé (Rentrées). On comprend maintenant la fièvre commerciale qui sévissait dans les milieux bourgeois français. Pour confirmer ce fait, Voltaire affirmait même en 1753 :

« Les Antilles sont des points sur la carte, mais enfin ces pays, qu'on peut à peine apercevoir sur une map monde, ont produit en France une circulation annuelle d'environ 60 millions de marchandises ».

60 millions de marchandises circulant annuellement vers 1753, on voit tout de suite l'énorme bénéfice réalisé au cours de 200 ans d'exploitation humaine. Cela équivaudrait en 2003 à près de 60 milliards de francs soit 9 250 000 000 euros par an.

De plus, on affirmait même en haut lieu que l'arrêt de la traite négrière entraînerait le chômage de la moitié des ouvriers français de l'époque. Car la construction et l'affrètement des bateaux négriers au Havre, à Nantes, à Bordeaux, à St Malo, etc..., faisait appel à une multitude de métiers. En 1783, la France arrivait en tête du classement mondial des exportations de café (40 000 tonnes), de sucre (100 000 tonnes) et en bonne place pour le coton (1 000 tonnes).

Ainsi, l'essor économique de la France résulte directement de l'exploitation négrière qui constituait à l'époque le premier poste économique du pays.

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